En 1908, il transporta son atelier à Nice. En 1910, il prit la direction de l’École des arts décoratifs de Nice, située rue de l’Escarène, créée par Alexis Mossa.
Rappelé aux armées durant la première guerre mondiale, Paul Audra reprit ses activités en 1917. C’est à cette époque qu’il rencontra Auguste Renoir dans son atelier des Collettes, à Cagnes ; ils partageaient une précieuse huile de lin, « votre huile à chefs-d’œuvre » disait en plaisantant Renoir. De sympathiques relations s’établirent entre le maître et son cadet.
Il retrouva également Henri Matisse, son ancien camarade des Beaux-Arts, qu’il aida dans ses recherches d’un atelier à Nice.
Paul Audra demeura à Nice jusqu’à la fin de sa vie, menant de front la direction de l’école, l’enseignement et son activité de peintre. Il y est mort le 2 février 1948 en son domicile du 25 avenue de l’Olivetto.
Il avait épousé Marie-Louise Roustan, dont il eut trois enfants, Jean, Pierre et Paule.
Chevalier de la Légion d’hon-neur (1911).
Paul Audra a exposé aux Salons d’automne, de 1907 à 1920.
Excellent pédagogue, dessina-teur au tracé sûr et précis, Paul Audra est resté, toute sa vie, un artiste fidèle au classicisme de ses maîtres – Moreau, Delaunay, Puvis de Chavannes, – enrichi par la lumière et l’extraversion méditerranéennes. Sa palette, riche et vivante, déborde de couleurs pétillantes et son inspiration adopte tous les genres, depuis les natures mortes les plus académiques jusqu’aux scènes de marché les plus pittoresques.
Dédaignant les cénacles parisianistes et la recherche systématique de la modernité outrancière, Paul Audra est aujourd’hui un artiste bien oublié dont il convient de redécouvrir la personnalité attachante et chaleureuse.
Célestin Paul Rosemond Audra est né le 25 juillet 1869, dans la maison Lacroix, 6 rue du Croissant, à Valence (Drôme). Son père, Casimir Rosemond Audra, âgé de trente et un ans, était professeur de dessin. Son grand-père paternel, Célestin Audra, marchand mercier, était également domicilié à Valence.
Le jeune Paul reçut les premières leçons de son père, qui pratiquait le portrait aussi bien que le paysage.
Après ses études secondaires au lycée de Valence, il entra à l’école des beaux-arts de Lyon en 1887. Il n’y demeura qu’une année scolaire, ayant été reçu à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris.
Admis à l’atelier de Gustave Moreau, il eut pour condis-ciples Matisse, Rouault, Bessy, Marquet, Anquetin.
De retour dans sa ville natale, Paul Audra succéda à son père dans sa charge de professeur de dessin des écoles municipales et ouvrit son atelier.
Il débuta au salon de Lyon, avec des portraits, en 1897 et fut admis à l’exposition universelle de 1900.
Arrière-petit-neveu par alliance du peintre Paul Audra, j’ai bien connu, pendant les dernières années de leurs vies, ses deux fils : Pierre, architecte de la ville de Montreuil, et son frère Jean, l’époux de ma grand- tante, fonctionnaire colonial.
À Saillans
La famille Audra est originaire de Saillans, joli village de la Drôme dioise qui, au XVIIIe siècle, vécut essentiellement de l’industrie textile et de la soie. Un Antonin Audra y fut consul de 1744 à 1746. On trouve également Paul Audra, propriétaire à Saillans.
Son fils Célestin (1801-1886) s’établit à la Nouvelle-Orléans où il innova dans le domaine de l’impression sur étoffes. Revenu en France, il acheva sa vie à Valence.
Le père du peintre
Parmi les enfants de Célestin, Rosemond, né à La Nouvelle- Orléans en 1836 et décédé à Valence en 1899. Il fit une carrière d’artiste peintre. Élève de Reynier et de Bonnefond à Lyon, il s’établit à Valence où il fut notamment professeur de dessin des écoles et fournit de nombreuses compositions décoratives aux soieries. Ayant épousé, à Alexandrie, Rosalie Chiasson, il eut au moins un fils, Paul, le peintre à qui ce site est dédié.