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Étape n° 10 - Lundi 16 juin - De Vizzavona à E Capanelle
Étape réputée facile, en grande partie sur un ancien chemin de ronde de gar- des forestiers.

Nous passons aux bergeries d’Alzetta, ravissantes avec leurs volets rouges, puis aux bergeries d’U Cardu, habitées par deux ânes fort sympathiques !

Très belle journée, le soleil brille, il fait 28 °C lorsque nous arrivons au refuge d’E Capanelle, où nous sommes (pres- que) seuls, au-dessus des nuages !
Le GR 20 sud
de Vizzavone à Conca
Étape n° 11 - Mardi 17 juin - D’E Capanelle à Prati
L’étape du jour est annoncée « champêtre ». Il fait beau... c’est une très belle journée qui commence...
Départ dans un parcours chaotique d’éboulis et de troncs fracassés. Puis un joli sentier en sous-bois, coupé de nombreux ruisseaux, traverse le plateau de Ghjalgone et descend en lacets vers le fond du vallon de Marmanu pour remonter au col de Verde (Bocca di Verde).

Au col de Verde, il tombe une pluie fine. Nous passons deux petits cols sous une pluie déjà plus forte. Le dernier col, la Bocca d’Oru (1 840 m), le plus gigantesque, est monté sous une pluie battan- te, dans le brouillard, avec un vent soufflant par rafales de 100 km/h et, au sommet, le grésil qui nous crible la peau : montée éprouvante, de plus de 300 m, sans manger ni boire ! Une mule assu- rant le portage des bagages glisse et atterrit 30 m plus bas : elle tient une patte arrière recourbée sous elle. Nous la croyons blessée : mais le mule- tier la retrouvera seulement contusionnée et pour- ra la ramener au refuge.

Après une montée qui nous paraît interminable, nous arrivons trempés et dégoulinants. Le refuge est déjà plein, le plancher n’est plus qu’une flaque dans laquelle tout le monde patauge et déballe son barda.
En raison de la très mauvaise météo, le gardien ne veut personne dehors : pas de bivouac ce soir, tout le monde dans le refuge. Nous serons quasiment quatre-vingt-dix dans un refuge équipé pour trente personnes !
Nous arrivons à nous changer et même à sécher quelque peu nos affaires près du poêle. Il fait très chaud dans la salle commune : tout le monde dîne copieusement ; les bouteilles de vin défilent à un rythme soutenu ; l’ambiance est extraordinaire !

Nous nous retrouvons à trois sur deux matelas. La surpopulation est effarante. En quelques instants, le gardien aménage la salle commune en un dortoir où au moins quarante personnes peuvent dormir par terre : les hommes d’un côté, les dames de l’autre !

Extinction des feux vers 22 h. Presse, odeurs, cha- leur, humidité, ronflements, promiscuité effarante ! Quelle nuit ! Mais c’était une expérience de plus à faire !
Étape n° 12 - Mercredi 18 juin - De Prati à Usciolu
Le topoguide promet une étape difficile sur une arête faîtière avec vues magnifiques. Personne n’est encore levé. Avec Bernard, nous décidons de ramasser rapidement notre matériel et de partir tout de suite, avant la pagaille que l’on peut prévoir, et de prendre le petit déjeuner en chemin.

Le soleil brille, belle montée à la Punta Cappella. Nous empruntons ensuite un chemin magnifique, tantôt montant et descendant de petits collets, tantôt effectuant de longues traversées en courbe de niveau dans des prairies.


L’après-midi voit se succéder Puntas et Boccas, parfois avec quelques nuages...


Nous arrivons au refuge en même temps que les mules.


Le refuge d’Usciolu héberge encore un très (trop ?) grand nombre de randonneurs... mais nous retrou- vons nos tentes individuelles et notre indépen- dance.


Le ciel est peu chargé. Il fait bon. Nous écrivons quelques cartes postales, qui partiront demain matin à cheval !
Étape n° 13 - Jeudi 19 juin - D’Usciolu à Asinau
Départ à 7 h sous un beau soleil.
Crête d’A Monda, Bocca di l’Usciolu (1 780 m), Punta di l’Usciolu (1 815 m), Punta di a Scadatta (1 836 m), Bocca di l’Agnone (1 570 m)... le sentier repart sur les hauteurs, avec quelques passages acrobatiques, puis traverse le plateau du Cuscio- nu, le plus vaste de Corse (pozzines, ruisseaux à enjamber, bosquets de hêtres) et franchit le ruis- seau de Furchinchesu par une petite passerelle suspendue.
L’après-midi réserve un parcours magnifique en crêtes et une longue montée (plus de 600 m de dénivelée) vers le Monte Incudine, le plus haut de la Corse du Sud (2 134 m). La croix qui orne son sommet a été abattue par la foudre.
Les nuages sont passés et le paysage, à la nuit tombante, est superbe.
Étape n° 14 - Vendredi 20 juin - D’Asinau à I Paliri
Le soleil levant nous acueille au réveil.

Une descente un peu laborieuse au fond du vallon d’Asinau, et la matinée se passe sur un joli sentier en courbe de niveau, dans une forêt de pins et de bouleaux.

Après déjeuner, le chemin passe au pied des imposantes aiguilles de Bavella avant d’entamer une belle montée vers le Focce di Bavedda (1 218 m) où nous retrouvons provisoirement gens et voitures.

Reprenant l’ancien sentier de transhumance, dans une magnifique forêt de résineux, nous passons plusieurs ruisseaux et plusieurs cols pour attein- dre finalement le refuge.

Au terme de cette journée de grand soleil, nous trouvons un bivouac magnifique.

Nos provisions étant épuisées, nous dînons très copieusement au refuge, dans une ambiance chaude et en compagnie de joyeux drilles ! C’est notre dernière soirée sur le sentier.

Avant d'aller dormir, nous contemplons les aiguilles rosies par le soleil couchant.
Étape n° 15 - Samedi 21 juin - D’I Paliri à Conca
C’est la dernière étape... le programme est chargé... il faut faire vite !

Réveil à 4 h 30, lever immédiat, rangement du matériel, petit déjeuner, départ tambour battant à 6 h car il faut faire toute l’étape du jour dans la matinée.

Le soleil brille, il fait très beau et très chaud !

Il y a encore de rudes montées, de longues traversées, des chemins caillouteux ou boueux ; nous quit- tons progressivement cimes et crêtes, boccas et puntas, pour redescendre dans des vallées plus ver- doyantes.
Soudain, dans un détour du chemin, Conca nous apparaît, but de notre raid :
Nous atteignons la fin du sentier vers 11 h, après avoir croisé des randonneurs qui, eux, débutaient leur parcours.

Voici le panneau, planté au bord de la route, le dernier pour nous... Pari gagné !

La route nous conduit au village et au gîte La Tonnelle, où nous arrivons à 11 h 30.

Puis tout va très vite : déjeuner, navette vers Sainta-Lucia de Porto-Vecchio, autocar jusqu’à Bastia, déambulation dans la vieille ville, embarquement sur le Mega Express I.

Installation dans une jolie cabine ; douche et rasage ; dîner au self-service ; dernière bouteille de bière à la châtaigne... Nous nous endormons bien vite : adieu la Corse !

Nous avons vécu une aventure merveilleuse !
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