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Étape n° 1 - Samedi 7 juin - De Calenzana à Ortu di u Piobu
Étape n° 2 - Dimanche 8 juin - De Ortu di u Piobu à Carrozzu
Lever à 5 h du matin : ce sera l’habitude sur le sentier.
Après la pluie de la nuit, nous remballons un matériel bien humide : il faut s’habituer à des conditions un peu rudes !
Nous quittons le camping à 7 h. Joyeuse ambiance, sentiment exaltant de commencer quelque chose de grand.
Le parcours de la journée est tout en montée, avec 1300 m de dénivelée, car cette étape nous conduit de la côte jusqu’au cœur du massif, sur les crêtes.
Le sentier serpente au milieu d’anciens jardins en terrasses et offre de superbes panoramas sur Calenzana. Nous montons sous un beau soleil et rencontrons quelques vaches.
La Bocca di u Ravalente (616 m), la forêt du Sambuccu (su- reau noir), le ruisseau d’Arghjova et son promontoire (820 m) se succèdent et, à midi, après une ascension en grands lacets, nous parvenons à la Bocca à u Saltu (1280 m), en crête, dominant à l’est la forêt du Sambuccu et à l’ouest la vallée de la Fratta.
Mais la vue magnifique sur les coteaux et vallons de Balagne plongeant vers la mer et Calvi – promise par le topo-guide ! – nous est totalement occultée par les masses nuageuses qui montent de la vallée.
Déjeuner dans le brouillard. L’après-midi, nous marchons sous une pluie battante en traversant une forêt de beaux pins làrici. Viennent ensuite les zones d’éboulis, les pentes rudes, les passages scabreux sur des rochers mouillés et glissants. La Bocca a u Bazzichellu (1 486 m) et la crête du Fucu (1 550 m), la descente jusqu’au fond de la vallée d’A Melaghja et la remontée jusqu’au plateau d’Ortu di u Piobbu (« le jardin du peuplier ») se succèdent dans les nuages et sous la pluie.
Sur un escarpement, nous voyons un mouflon se dressant sur ses pattes avant, bientôt rejoint par des congénères.
La fin du parcours nous paraît interminable, et nous arrivons au refuge tout dégoulinants... habits trempés et chaussures pleines d’eau.
Mais avec une bonne bière corse à la châtaigne (qui est le « carburant » sur le GR 20) et un repas chaud, les contrariétés sont vite effacées. Dès 20 h 15 nous nous installons dans nos minuscules tentes ultralégères.
Cette première étape a été très dure, avec une montée épui- sante et interminable. Le sommeil vient vite, perturbé seule- ment au milieu de la nuit par une cavalcade d’ânes : rien à dire... nous sommes dans leur royaume !
Le topoguide nous promet une seconde étape sportive dans ce parcours alpin.
Au lever, nous découvrons nos tentes cernées par une mer de nuages et le soleil levant commence à rosir l’horizon.
Le sentier s’élève dans les bouleaux puis passe en versant sud, au milieu des magnifiques pins làrici.
Descente raide, éboulis, cols, rochers, passage de crêtes sont notre lot du matin et nous conduisent jusqu’à 2 020 m.
Hautes cimes dans le brouillard, vallées emplies de nuages, mais aussi grand soleil donnent des cou- leurs étonnantes aux lieux que nous traversons.
Étape n° 3 - Lundi 9 juin - De Carrozzu à Ascu Stagnu
Encore une étape alpine et bien sportive, qui commence avec le passage de quelques dalles fort montantes mais assez bien équipées qui conduisent à la passerelle de Spasimata. Vue de loin, elle semble bien aérienne ! Un peu de ballant au milieu, mais le franchissement est plutôt un amusement !
Après avoir traversé des paysages variés, parfois acrobatiques et toujours surprenants, chacun choisit son repas.
L’après-midi, menu habituel : passage d’un névé dans le brouillard, ascension raide en couloir jusqu’à la Bocca di a Muvrella (2 000 m), descente très raide dans des zones d’éboulis (- 500 mètres d’un coup)...

Les parcours rocheux, les montées raides et les descentes effarantes qui se succèdent depuis trois jours maintenant usent les organismes… les jambes souffrent ! Plusieurs compagnons de route nous ont déjà quittés.
L’arrivée à Ascu Stagnu, ancienne station de ski, est un véri- table soulagement : bière à la châtaigne, douche « tiède » et un dîner « de randonneur » à l'auberge sont les bienvenus.
Étape n° 4 - Mardi 10 juin - D’Ascu Stagnu à Tighjettu
C’est l’étape « mythique » du GR 20, tant espérée et aussi redoutée, cele du célèbre cirque de la Solitude.
Lever à 5 h 30... Température 5 °C… Départ à 7 h 30, à deux, car Philippe décide de s’arrêter. Pincement au cœur...
Après une bonne montée en sous-bois, le sentier traverse un vaste plateau en longeant des pics de plus de 2000 m. Les névés apparaissent, d’abord assez plats, puis bien pentus.
Après avoir franchi un dernier col, nous apercevons le préci- pice que constitue le cirque de la Solitude, le passage le plus scabreux du GR 20, gigantesque effondrement rocheux, na- ture chaotique semée de blocs erratiques.

S’y lancer paraît une folie, le traverser une utopie. Nos re- gards se croisent... il faut y aller ! Nous franchissons des barres rocheuses très raides, parfois équipées de chaînes et de mains courantes ; la descente est effarante dans cette faille très verticale… et très peu équipée. Les mains servent autant que les pieds, et les compétences en alpinisme de Bernard sont vivement appréciées.
Comme nous avons fait un petit ravitaillement la veille, les sacs pèsent 18 kg !
Étape n° 5 - Mercredi 11 juin - De Tighjettu à Castellu di Vergio
Le camp s’éveille péniblement. Même les plus fringants des jours précédents hésitent. Tout le monde est KO... Nous saluons les derniers compagnons de sentier qui nous quittent, épuisés.
Un joli sentier, en descente facile, nous conduit aux jolies bergeries d’U Vallone (1 440 m). Après un agréable parcours forestier en courbe de niveau, au pied du Paglia Orba et dans une verte pinède, une très rude montée rocailleuse nous propulse à la Bocca di Fuciale (1 962 m), qui domine la vallée du Golu, le plus long fleuve de Corse. De là, nous atteignons le refuge de Ciottulu à i Mori (« le trou des Maures »), le plus haut du parcours (1 991 m).
Nous déjeunons à côté de la source. Les amoncellements nuageux ne permettent pas l’ascension du Paglia Orba ni du Capu Tafunatu et de son fameux trou.
L’étape suivante étant très longue, nous avons décidé d’en effectuer aujourd’hui le premier tiers. Le GR nous mène au fond de la vallée du Golu (vallon d’effondrement totalement chaotique), en longeant le magnifique torrent. Les étapes rocheuses sont achevées ; nous abordons une Corse moins rocailleuse, plus forestière et pastorale. Le sentier devient un véritable chemin de randonnée : pieds et jambes apprécient !
Dans sa haute vallée, le Golu est un torrent qui forme de nombreuses piscines. Après la cascade d’E Radule, nous rencontrons de jolies floraisons et une végétation plus luxuriante.
Parvenus à la petite station de Castel di Vergio, nous apprécions voluptueusement la douche chaude et le dîner à l’auberge avec, notamment, une excellente soupe corse riche en légumes. La pluie qui tombe durant la nuit trouble à peine notre sommeil !
Étape n° 6 - Jeudi 12 juin - De Castellu di Vergio à Manganu
Au matin, la pluie cesse et nous rejoignons le chemin de ronde qui traverse la forêt de Valdu Niellu, avec ses pins làrici de très haute futaie, autrefois destinés aux mâts des navires. De courts lacets conduisent au petit oratoire de la Bocca San Petru (1 452 m).

Quelques nuages attardés rendent encore plus fantomatiques ces hêtres déformés par les vents (photo).

Le parcours du matin conduit au lac de Ninu avec sa source d’eau fraîche, dans son écrin de roches et de verdure, d’où part le Tavignanu, deuxième fleuve de Corse.

Ce lac est entouré de pozzines (photo), fragile écosystème de tourbe couverte de pelouse et parcourue de petits ruisseaux : c’est le domaine des chevaux sauvages.

Aux bergeries de Vaccaghja, le berger nous explique la fabri- cation du célèbre brocciu. Au refuge de Manganu, nous découvrons la bière à l’arbouse de Corse, délicieux breuvage au goût subtilement fuité !
Étape n° 7 - Vendredi 13 juin - De Manganu à Petra Piana
C’est l’étape la plus haute du parcours ; le sentier retrouve les crêtes, les rudes ascensions, des terrains escarpés et des passages aériens, dans un univers rocailleux offrant de magnifiques vues plongeantes.
Barres rocheuses, pierriers et névés nous conduisent jusqu’à la brèche de Capitellu (2 225 m), qui offre une vue saisissante sur deux beaux lacs glaciaires de Capitellu et de Melu... vues très éphémères qu’il faut saisir dans le défilement des nuages.
Le GR reste sur les crêtes : ce fut la journée des névés, nous en avons passé vingt ou vingt-cinq !
Le sentier traverse des paysages immenses avant d’échouer au refuge de Petra Piana (« la roche plate »).
Le vent devient glacial et forcit, mettant à rude épreuve nos tentes légères. La tempête sévit toute la nuit... mais Dominique n’a rien entendu ! C’est vraiment indécent de dormir aussi bien dans de telles conditions !
Étape n° 8 - Samedi 14 juin - De Petra Piana à L’Onda
Au réveil, tempête de vent, brouillard, visibilité 15 m ! C’est le calme à la cuisine : nous déjeunons tranquille- ment et au chaud. Nous plions rapidement le matériel... les mains sont gelées.
Le parcours commence par une descente dans les cail- loux avec coups de vent, froid et brouillard. Puis le sentier devient plus facile, le soleil fait son apparition et nous parcourons un magnifique vallon aux nombreuses cascades, puis une belle forêt de pins de haute futaie.
À midi, nous sommes à la passerelle de Tolla (940 m) et nous en profitons pour déjeuner au bord du torrent, devant une jolie cascade, sous le soleil. Le site est magnifique et enchanteur. Nous sommes à la moitié du parcours... euphorie ??!!

Après-midi champêtre : montée facile par un joli sentier, dans de verts sous-bois. Seule rencontre, quelques co- chons en liberté.
Au bout de deux heures, nous arrivons au refuge de l’Onda. Le bivouac est situé dans une pittoresque berge- rie avec chèvres, moutons, ânes, chevaux et cochons, tous en liberté. Le gardien fait goûter le brocciu du jour.
Nous dînons dehors ; il fait 10 °C.
Le soir tombe, les moutons bêlent, les clarines sonnent et la fontaine coule... bonheur parfait et champêtre. Dans cet environnement bucolique et naturel, le sommeil vient bien vite. A demain !
Étape n° 9 - Dimanche 15 juin - De L’Onda à Vizzavona
La montée à la Punta Muratellu (2 141 m) est longue mais assez facile. Par contre, la descente est fracas-sante, jusqu’à la passerelle de Turtettu (1 410 m) et encore jusqu’aux cascades des Anglais. Enfin, c’est un très beau sentier forestier qui nous amène à Vizzavona.
Comme les précédentes, cette étape offre une belle variété de paysages : verts pâturages ; monts rocailleux ; crêtes aux étranges découpures ; frais vallon avec son torrent aux eaux vives.
Nous disons « au revoir » aux compagnons qui n’effectuent que la partie Nord ainsi qu’à deux blessés qui choisissent de profiter du train pour revenir à Ajaccio. De tous ceux avec qui nous avons cheminé jusque là, nous ne sommes que nous deux à continuer vers le Sud...
Nous faisons un remarquable dîner au restaurant Le Chef de gare : « casa » (casanis) pour fêter le nord, copieuse assiette de charcuterie, filet de bœuf avec frites, fromage, tarte à la châtaigne.
Nous nous endormons « tard » (21 h 30 !), sous une petite pluie... bienvenue pour rafraîchir l’air. Nous avons achevé ce Nord réputé « le plus difficile »... première satisfaction !
Le GR 20 nord
de Calenzana à Vizzavone
La remontée est très longue, jusqu’à la Bocca Minuta (2 218 m), suivie d’une descente très difficile au sud, en longeant le ravin du Stranciacone entre dalles rocheuses et éboulis.

Nous entendons tourner à plusieurs reprises l’hélicoptère des secours en montagne... il y a « de la casse » dans le cirque !

Après la dissipation des nuages attirés par le col, nous apercevons la descente effectuée dans le cirque de la Solitude, sur plus de 200 m de dénivelée (photo ci-contre : descente dans les passages à l'ombre puis par le pierrier).

Ajoutée au trois précédentes, cette rude journée a raison des organismes éprouvés et des motivations chancelantes : les dernières défections se produisent, des amis craquent et renoncent. De la vingtaine de compagnons de sentier partis avec nous de Calenzana, nous ne restons plus que la moitié en course !

Le soir, Dominique est « flambé »… Bernard accuse le coup… C’est clair : tout le monde est KO ! Il est temps de récupérer !
La remontée, également gigantesque, est à la mesure de l’événement : névés...
passages verticaux avec échelle... ou chaînes... ou rien du tout :
Le GR 20 nord
de Calenzana à Vizzavone
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Sentier sud